JOURNAL JOURNAL 32

Publié le samedi 29 avril 2017 à 07h28

JOURNAL JOURNAL 32….Au dessus de moi le Christ arverne de notre église de Pignols (image 1). Je sens son air interrogateur. Il m’a déjà vu parler – souvent – m’agiter en tous sens pour bien des raisons, ou rester de longs moments à méditer. Mais écrire !!!? Heureusement tout rentre dans l’ordre avec l’arrivée des premiers visiteurs. La routine ? Non, le bonheur, à chaque fois, de partager connaissances, interrogations, émotions. Toujours différent, enrichissant, stimulant.

         C’était dimanche, une des dernières fois où je faisais la visite commentée de l’église. Il y aura encore le dimanche des Journées du Patrimoine, et après ? Pas de nostalgie (pas encore ?). Un temps s’achève, et ouvre un nouvel horizon. Pour moi, mais aussi pour l’église et ses peintures. Je pensais justement, à ce moment, que de peinture il ne serait pas vraiment question cette fois-ci. J’avais projeté d’écrire sur les affres dans lesquelles me met la conférence que je prépare. J’y évoquerai les arts et artistes qui ont compté et m’ont accompagné depuis un demi siècle de peinture. Et si Van Gogh, Rembrandt, De Staël, Giacometti et quelques autres s’imposent, combien devront passer à la trappe. Devoir du choix ! En fait, travail passionnant de retour sur ces présences, des compagnons de toujours aux chocs soudains, rencontres fortuites ou longtemps repoussées, évitées par peur, raideur. Un beau remue-méninges et brassage de souvenirs.

         A découvrir en novembre, on en reparlera. Mais dans l’immédiat je reste à l’église. Avec deux moments de surprise et découverte de l’été.

         Je souhaitais depuis longtemps photographier les modillons soutenant la corniche du toit, côté sud du chœur. Difficilement visibles au-dessus de la chapelle formant transept et exigeant de prendre de la hauteur il fallait pourtant le faire avant de partir. Mais avoir une bonne lumière et escabeau avec soutien humain s’avéra difficile en ce printemps pluvieux.

         Le résultat, dans ces conditions, était quelconque, mais lisible…et là, surprise ! Nous avions, de loin, repéré deux représentations humaines dont un homme aux dispositions sexuelles gaillardes bien visible à l’ouest. Il y en a en fait 4 parmi lesquelles un visage lunaire enrobé d’un rinceau sortant de sa bouche pour devenir chapeau, ou chevelure….et un moine tonsuré (image 2) à l’extrémité est, regard tourné vers le lointain orient. Que vient-il faire là, regard ailleurs ? Les modillons évoquent généralement le monde profane, terrestre, dans tous ses aspects, des plus prosaïques aux plus fantaisistes, voire fantastiques. On y voit rarement des religieux. Une étrangeté de plus pour une église qui n’en manque pas, renforcée par la présence d’une main bénissante. Belles images d’une intrusion du spirituel dans le « monde », à méditer par les temps qui courent.

         C’est aussi au printemps que s’amorce la deuxième surprise. Nous avions vu, parfois, sortir d’un trou du mur de l’église, un beau rapace. A chaque fois furtivement, mais laissant sur le bord du trou en question les traces « fienteuses » de sa résidence. Après un concert au pied du « nid » fin juillet, nous avons voulu savoir le résultat d’une telle agitation pour notre hôte. Et nous voilà, Brigitte et moi-même, le plus silencieusement possible à guetter le trou une fin de matinée, cherchant le meilleur endroit pour voir….et découvrir....2 « bébés » faucon (image 3). Temps envoûtant d’observation….réciproque, car incontestablement ils nous voyaient, mélangeant étonnement, agacement, indifférence. Long échange silencieux proche de la complicité.

         Le lendemain nous y retournions pour n’en trouver qu’un seul (image 4)…et curieusement celui qui semblait, la veille, manifester le plus de velléité d’envol. L’autre ? Vague inquiétude à l’envisager mort au fond du trou que je sais profond….Ebats bruyants dans le tilleul, et quelques minutes plus tard le voilà arpentant le toit de la chapelle sud, attendant visiblement son frère (sa sœur ?) qui s’ébroue, va et vient, lisse ses ailes, tente de les déployer…et défèque ostensiblement sous nos yeux. Plus d’une heure à être là, happés par ce départ de vie, encourageant mentalement l’envol. Le sentiment profond que nous partageons la même vie, eux et nous.

         Le jour suivant, plus personne, mais depuis cette présence en nous.

 

         Est-ce que ça n’est pas cela aussi que doit procurer une peinture ? A méditer pour mes choix évoqués plus haut.

 

 

Sur l’AGENDA :

 

18 septembre, visites commentées de l’

Eglise sainte-Madeleine de PIGNOLS

De 10h à 12h et de 14h30 à 18h

 

24 et 25 septembre, les PIGNOLS’ARTS

Avec exposition à l’atelier

« In Memoriam »

 

21 novembre à 14h30

au Centre Diocésain de Pastorale, Clermont Ferrand

Conférence « Rembrandt, Van Gogh et autres compagnons de vie »

Organisée par la

Commission Diocésaine d’Art Sacré

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