JOURNAL JOURNAL 31

Publié le samedi 29 avril 2017 à 07h25

JOURNAL JOURNAL 31…..La semaine dernière fut dense, rassemblant en ses quelques jours les trois facettes de cet engagement en peinture qui fait ma vie. C’était d’abord la mise en place et le début de l’exposition au Point Accueil Tourisme d’Usson puis, dans la semaine s’entrecroisant, les préparatifs du week-end avec concert et visites commentées de notre église de Pignols, et à l’atelier l’achèvement des 4 peintures bleues qui m’occupent depuis le début de l’année.

         Celles et ceux qui lisent ce journal régulièrement ont déjà vu des images de ces 4 peintures bleues en chantier, et ont pu sentir mes hésitations et doutes à leur propos. Surprise : alors que je suis si à l’aise dans le monde des bleus, j’avais l’impression de me noyer, désorienté dans un océan moins serein que souhaité. C’était plus « La vague » de Courbet ou certaine « Tempête » de Turner que « L’Estaque » de Cézanne ou les « Nymphéas » de Monet.

         L’exposition d’Usson semble m’avoir remis à flot. J’avais perçu, dès ma première visite en ce lieu, ses qualités d’espace et de lumière. Confirmation après l’installation : rarement les couleurs ont sonné ainsi, en particulier les noirs colorés d’où la lumière semble émaner. Impression d’être entouré de vitraux. Régénérant ! (images 1 et 2)

         Régénérant au point que deux petits après-midi seulement ont suffi pour venir à bout des 4 peintures récalcitrantes, dans une tranquille légèreté (images 3 et 4). Ceci dit, question : Qui vient à bout de l’autre ? Le peintre ou la peinture ? Et même, le problème se pose-t-il ainsi ? La tranquille légèreté n’est-elle pas plutôt le signe de la nécessaire symbiose entre le peintre et la peinture, sorte d’accord parfait pour une œuvre commune accomplie ? C’est probablement cela qui se vit lorsqu’on a cette impression que « ça se fait tout seul », sans effort apparent, dans l’évidence. Instants de grâce pas si fréquents. A l’opposé de cette « maîtrise », si souvent mise en avant par les commentateurs de l’art et les artistes eux-mêmes, où se mélangent l’éloge de la précision d’horloger, la technicité et l’intellectualisme forcené. Avec au bout l’oubli, ou le refus, du souffle de l’esprit nécessaire à toute vie…..souffle intuitif qui n’est pas à confondre avec spontanéité débridée, exaltation de l’instant superficiel. Autre discours qui glorifie l’artiste « vierge » de toutes ces impuretés que seraient la technique et la culture artistique. A ces mots on cria haro sur le passé !

         Bien entendu, là, je défends mon « bout de gras ». Je n’ai jamais pu séparer l’intérêt – c’est peu dire – et l’étude de l’art en général, de mon travail dans l’atelier. Et voilà le troisième volet, celui concernant l’église Saint-Madeleine de Pignols et la vie que nous essayons de lui insuffler depuis 14 ans. Un des ensembles de peintures murales les plus savoureux et étrange, en toute modestie, en tout éclat….à voir ou revoir dans le JOURNAL 10 de septembre 2014, ou sur le site association-triangle.e-monsite.com/….mais surtout pour de vrai….

         NB: Ce JOURNAL a été écrit avant que j'ai connaissance de l'assassinat du Père Hamel....Il ne m'a pas semblé devoir le modifier, à moins d'en faire totalement autre chose. Cela n'empêche pas la force des émotions. Evoquer l'art et le vivre me semble faire partie de la résistance à la pulsion de mort qui tente de nous détruire.

 

 

L’EXPOSITION à USSON

C’est encore jusqu’à ce dimanche 31 juillet

De 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h

Au Point Accueil Tourisme – 63490 USSON

 

Et on peut retrouver quelques œuvres dans 2 autres expositions

 

Trois « Petites lunes » à

L’exposition « Le monde d’Henri Pourrat »

Gare de l’Utopie

63480 à VERTOLAYE

Du 29 juillet au 17 septembre

 

Une peinture des années 80 à

L’exposition

« A DESSEIN,

Autour de l’œuvre sur papier de Maxime Descombin »

Musée des Ursulines à MACON

Jusqu’au 4 septembre.

 

Et le dernier WE de septembre, les « PIGNOLS’ARTS »

Où je recevrai le peintre Bruno DAUBLAIN.

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