JOURNAL JOURNAL 29

Publié le samedi 29 avril 2017 à 07h18

JOURNAL JOURNAL 29….Je voulais parler de Van Gogh et de ses lettres dont j’étudie actuellement les 300 premières ; évoquer aussi L’ATELIER OUVERT, actualité immédiate, qui induit celle, proche, de notre délocalisation vers le Morvan. Et voilà qu’au moment d’écrire, l’ombre d’une pantoufle, franche sur sa compagne, me transporte dans un souvenir récurent.

         C’était à l’école primaire, et nous dessinions des tulipes, roses. Sur l’une d’elles j’avais nettement marqué l’ombre d’un pétale sur son voisin en retrait. Et l’instituteur de me reprocher avec vigueur, comme une faute impardonnable, cette ombre assassine. Pourtant elle était bien là, virgule noire tendue à la verticale ! Je la vois encore, ainsi que ma transcription, premier dessin dans ma mémoire.

         J’ai cessé d’en vouloir à Monsieur Colin pour sa critique (forcément injuste…), mais après des années de pratique picturale, d’enseignement, de réflexion sur l’art, je suis stupéfait par cette inconscience qui ose demander à des enfants de se confronter à l’impossible. Il suffit d’avoir regardé véritablement une fois des fleurs pour saisir le défi qu’il y a de vouloir les représenter par quelque moyen que ce soit. Il faut à Van Gogh (tient, il réussit tout de même à pointer son nez), une vie d’attention et de sensibilité à la nature, des années de compagnonnage avec l’art, une pratique du dessin et de la peinture en constante recherche, et un regard sur notre existence à travers tout ça, pour offrir à l’humanité la petite branche d’amandier en fleurs de fin janvier 1890 au moment de la naissance de son neveu, Vincent, ou le bouquet d’iris sur fond jaune à la présence d’icône quelques semaines plus tard.

         La fragilité de l’Eternité, ça n’est pas donné !

         C’est tout aussi valable pour le portrait. J’ai déjà abordé cette interrogation dans le JOURNAL 25. Comment représenter la vie avec cette chose incertaine et statique qu’est la peinture ? Le sujet n’est pas neuf et peut même sembler obsolète alors que les techniques de l’image n’ont cessé, depuis l’invention de la photographie, de nous faire croire qu’on pouvait saisir le monde visible sous tous ses aspects. Saisir, peut-être, et c’est même un des rôles assigné à l’art pictural à la Renaissance. La maitrise des formes et de la représentation de l’espace par la perspective font bien partie de la volonté humaine de comprendre le monde physique qui l’entoure, et le dominer. Dessiner une forme, comme la nommer d’ailleurs, c’est la posséder. Sauf que ça n’est qu’une illusion car il suffit de bouger, à peine, pour que la forme soit autre, et nous échappe. Et tous les logiciels 3D n’y peuvent rien à rester ainsi à l’extérieur, ou même décortiquant, l’essentiel leur reste étranger. On a beau disséquer un cadavre, on va, peut-être, mieux connaitre et comprendre la mécanique, mais la vie n’est plus là, et reste son mystère.

         Donc, saisir peut-être, et encore ! Si peu. Qu’offrir alors ? Une poussière de regard, un instant d’échange, une respiration ? Mais il faut bien s’aventurer au fond de notre désert, aveugle, pour tirer quelques pépites à partager avec les autres. Il est bien possible que l’ombre de ma tulipe m’ait entrainé dans une histoire de ce genre, raison de sa constance à me titiller.

         Et comme, malgré tout, Van Gogh et sa littérature insistent, une petite citation pour terminer. Pas sur la peinture, mais bien intéressante dans les errements actuels de l’Europe. Lettre de janvier 1874, il a presque 21 ans, travaille depuis 6 ans dans une galerie de peinture et, après La Haye, vient d’être muté à Londres.

 

         « J’ai ici une vie riche, « n’ayant rien et possédant toutes choses », je commence parfois à croire que j’en viens peu à peu à devenir un vrai cosmopolite, c'est-à-dire non pas un Hollandais, un Anglais ou un Français, mais tout simplement un homme. Avec pour patrie le monde, c'est-à-dire le petit coin du monde où nous avons été déposés. Mais pourtant nous n’y sommes pas encore, mais je cours, pour tâcher de le saisir. »

 

Quant à l’AGENDA, c’est presque le même que le mois dernier, sauf que

pour L’ATELIER OUVERT il faut se dépêcher car il ne reste que les vendredi, samedi et dimanche prochains…

Impression furtive avec les images….

 

Et pour le futur :

 

Exposition

Point Accueil Tourisme d’USSON

du 19 au 31 juillet, tous les jours sauf lundis.

De 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h

 

Et le dernier WE de septembre, retour des PIGNOLS’ART….On en recausera !

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