JOURNAL JOURNAL 27

Publié le samedi 29 avril 2017 à 07h06

JOURNAL JOURNAL 27…. Je terminais le numéro de janvier de ce Journal par le regard humoristique de Brancusi sur la gloire « rien d’autre qu’un pipi de vache ». Sur un ton plus pathétique, Van Gogh écrivait vers la fin de sa vie : « Le succès est ce qu’il y a de pire ! ». Il n’est pas impossible, effectivement, que le début de notoriété que connait son travail en 1889 ait contribué à la déstabilisation du peintre, avec l’aboutissement dramatique de l’été 1890, parmi les blés d’Auvers sur Oise. Tout comme il était devenu incapable de faire un « vrai » repas après des années de régime alimentaire plus qu’ascétique, il vit comme suspect, dérangeant voire "indigeste" l’intérêt pour sa peinture au bout d’une décennie à  « parler dans le désert ». D’autant plus qu’il n’était pas dupe des malentendus sur lesquels reposaient ces appréciations, comme par exemple l’enthousiasme symboliste d’un Albert Aurier dans son article du Mercure de France « Les isolés ».

         Isolé, maudit…en voilà des contresens, avec principalement le peintre fou. Peintre, oui, totalement, irrémédiablement, d’un bout à l’autre de sa vie, même dans ces périodes où il en semble si loin, comme lors des études amstellodamoises pour devenir pasteur. Quand aux critères  qui voient dans l’œuvre de Van Gogh des évidences de dérangement mental, ils sont aussi risibles que ceux critiquant les impressionnistes lors de leur première exposition de 1874.

         Eternel dérangement par le « totalement autre » qui ne peut être que fou, risible, dangereux, ou tout à la fois. Bonnes raisons pour le mettre « hors jeu ».

         Comment avec tout ça, et au-delà, apprécier une telle œuvre ? Comment, au milieu de tous les malentendus, comprendre l’apport artistique unique et l’extraordinaire diffusion populaire de la peinture de Van Gogh, qui dépasse le but qu’il s’était assigné ?

         Et puis, plus prosaïquement en ce qui me concerne, qu’est-ce qui fait que Van Gogh et son œuvre occupent ma vie depuis l’âge de 10 ans après avoir vu le film de Minnelli « La vie passionnée de Vincent Van Gogh » ?

         C’est pour tout ça, et autres questions, que me voilà aux prises avec ce projet d’écriture évoqué dans le numéro 25 du JOURNAL. Et ceci après bien des conférences et divers écrits déjà lointains. Van Gogh risque donc d’intervenir souvent ici à l’avenir.

         Actuellement, après avoir fait le point sur tout ce que j’avais fait antérieurement, je suis à nouveau plongé dans la lecture et l’étude des lettres du peintre. Titanesque ! Une correspondance qui comprend, dans sa dernière édition « complète », 902 lettres, envoyées ou reçues, avec plus d’une trentaine de correspondants. Je viens de passer le cap des 200 premières….et suis encore plus sidéré qu'auparavant par la qualité littéraire, la lucidité passionnée, la richesse humaine. Sans oublier la mine de renseignements pour comprendre le travail pictural et son évolution.

         Petit exemple tiré de la lettre 200 à son frère Théo, le samedi 14 janvier 1882, alors qu’installé à La Haye il commence depuis un an une vie totalement destinée à la pratique picturale, mais centrée à ce moment là sur le dessin. Il y évoque une petite aquarelle, technique qu’il vient d’aborder depuis seulement quelques semaines.

         « Voici un croquis d’une des petites aquarelles, c’est un coin de mon atelier avec une jeune fille en train de moudre le café.

         Tu vois, je cherche le ton, une tasse ou une main qui luisent et où il y a de la vie et qui se détachent sur un fond assoupi, crépusculaire, et contrastent brutalement avec ce fragment de cheminée et ce poêle, fer et pierre, et un sol planchéié. Si je pouvais faire de ce dessin ce que je veux, j’en réaliserais les ¾ au moins en style savon vert et je ne traiterais avec tendresse et douceur et sentiment que le coin où se trouve l’enfant. Mais tu comprends que je ne peux pas encore exprimer tout cela comme je le sens, mais il s’agit seulement, me semble-t-il, de s’attaquer aux difficultés… ».

 

         Tout cela n’empêche pas le travail de l’atelier de se poursuivre. Je dirais même plus, le compagnonnage avec Van Gogh est tellement présent que m’occuper de lui me stimule plutôt. Quand à savoir ce qu’est réellement cette relation entre mon travail et l’œuvre de Van Gogh, c’est une histoire dont je commence seulement à entrevoir le pourquoi et le comment.

         Des photos des choses en cours d’achèvement la prochaine fois…Aujourd’hui 4 images de la Sentinelle en place depuis vendredi dernier.

 

Et l’agenda des expositions revient :

 

ATELIER OUVERT  les deux derniers Week-ends de mai

 

Exposition au Point Info-Tourisme d’USSON

du 19 au 31 juillet.

 

Informations plus précises la prochaine fois.

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