JOURNAL 81

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Publié le vendredi 30 octobre 2020 à 20h53

JOURNAL 81 … Il n’y a vraiment pas de quoi rire … et pourtant, dans ces temps d’incertitude déprimante, jamais je n’ai autant pleuré de rire que le weekend dernier. Je n’étais pas le seul, et ça fait du bien, même gélifié, masqué, distancié !

            C’était au cinéma – encore et toujours « L’Arletty » à Autun – qui nous « offrait » un ciné-concert avec 3 des premiers films de Laurel et Hardy magnifiquement accompagnés par un pianiste. Retour nostalgique vers l’enfance et les projections familiales avec un projecteur à manivelle ? Probablement, mais vaguement inquiet de ne pas retrouver la magie nichée dans la mémoire. Pari gagné et totale jubilation : pas pris une ride les deux lascars ! avec des gags qui, bien qu’éculés, se révèlent d’une absurdité surréaliste. Il faut avoir vu une fois dans sa vie la « Bataille du siècle » où l’on glisse d’un combat de boxe raté aux facéties d’une peau de banane sur un trottoir pour se retrouver perdu dans une inénarrable bataille de tartes à la crème où plusieurs milliers de celles-ci volent dans une foule en délire (ouf !). Chez Laurel et Hardy, tout acte insignifiant finit dans la démesure apocalyptique.

            Le lendemain, reprise des retransmissions d’opéras. Nous voilà transportés à Salzbourg avec Rossini et son « Italienne à Alger ». Pour un peu on aurait fait la fine bouche sur cette entrée « sucrée » avec un Rossini à peine sorti de l’enfance. Préjugé balayé dès les premières minutes où nous sommes plongés dans un univers déjanté mêlant passé, présent, gaminerie, féerie, loufoquerie, ridicule … sublimé par une musique très mozartienne, mais un Mozart survolté et irrévérencieux. Et, portant l’ensemble, des solistes plus que merveilleux. Cela fait déjà bien longtemps qu’ils sont autant acteurs que chanteurs, mais à ce point-là c’est d’une rareté bouleversante. Pas pour l’exploit – encore que – mais pour le « naturel » qui fait qu’on peut rire aux éclats tout en étant pleinement sous le charme musical. Le premier acte se termine ainsi par un ballet de fauteuils circulants comme des auto-tamponneuses sur lesquelles les principaux protagonistes chantent dans des positions les plus invraisemblables un sextuor envoûtant. Du grand art ! d’autant plus que ça exprime parfaitement l’imbroglio général dans lequel en est l’histoire. Dans cette production rabelaisienne tout est en cohérence autour de la musique, de la mise en scène aux costumes, démontrant avec bonheur que l’opéra est vraiment un spectacle total.

            Entracte !

         Il y a quelques minutes deux jeunes chevreuils sont venus jouer à quelques pas de nous, comme des enfants, à se chamailler, courir, sauter, se poursuivre. Un peu provocatrices les petites bêtes, à nous faire sentir leur belle liberté alors que nous écoutions les restrictions à la nôtre pour les semaines à venir. Mais en même temps, quelles minutes de bonheur engrangées pour mieux vivre ce nouveau confinement.

Tout comme ces rires et émotions offerts par le cinéma … et que nous n’aurons plus en un temps où cela serait si nécessaire, ainsi que théâtre, concerts, conférences, lectures, etc., bref toutes ces nourritures de l’esprit aussi indispensables que le pain. Pas de première nécessité ce qui procure émotions, rêves, découvertes, réflexion, rencontres ? Quelle civilisation peut se construire sans ?

 

            Avec ça, calme plat pour l’agenda futur. Les 2 expositions prévues pour novembre/décembre vont s’évaporer … alors, les images de ce journal sont consacrées aux dernières sculptures réalisées, petits « Objet de rien » (titre provisoire).

            Image 1, 6 sur les 12 en fin de travail de sculpture.

            Image 2, les 7 terminées, qu’il faudra attendre pour les voir « en présentiel » (vive la novlangue !).

            Images 3 et 4 : jeux de lumière et faces différentes de 3 d’entre elles.

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