JOURNAL 79

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Publié le samedi 29 août 2020 à 07h59

JOURNAL 79 … Premiers frissons d’automne, et la terre attend l’eau. Quelques vaches du pré voisin sont même venues nous rendre visite. Pas pour l’exposition à l’Etable, mais attirées par nos rares recoins verts aux alentours du riaux.

           La terre attend l’eau, qui va venir, qui aura peut-être été là quand ce Journal paraitra. Mais la pluie n’est pas vraiment bonne pour flâner dans la campagne morvandelle, et donc pour les visites artistiques rurales. Dilemme ! Herbe verte ou Etable pleine ?

            Fort heureusement le ciel n’a que faire de tels tiraillements, et l’occupation du moment c’est la préparation de la très proche conférence sur « Van Gogh, Homme de lettres » (images 1 et 2).

              Et s’il y a quelqu’un qui acceptait stoïquement les secousses météorologiques, c’est bien Van Gogh. Petits exemples de l’été 1882 à Scheveningen :

            « J’étais assis à dessiner devant ce bout de terrain depuis un certain temps quand un orage a éclaté, avec une pluie battante qui a duré une bonne heure Mais j’étais devenu si acharné que je suis resté à mon poste, cherchant seulement un abri relatif derrière un gros arbre. Quand l’orage se fut enfin calmé et que les corbeaux eurent repris leur vol, je n’éprouvais aucun regret d’avoir attendu, à cause du ton profond, magnifique, que le sol de la forêt avait acquis après la pluie. »

            Et quelques jours plus tard il travaille sur deux « marines »

« L’une est déjà pleine de sable – mais la deuxième, faite à un moment où la tempête faisait rage et où la mer était proche des dunes, j’ai dû la gratter à cause de l’épaisse couche de sable qui la couvrait entièrement. Le vent soufflait si fort que j’avais du mal à me tenir debout et que je voyais à peine entre les bourrasques de sable.  Je me suis néanmoins efforcé de la terminer; dans une petite auberge derrière les dunes, je l’ai recommencée aussitôt après l’avoir grattée, en sortant de temps en temps pour jeter un coup d’œil. »

 

            Et l’on pourrait évoquer le sud avec le mistral qui secoue le chevalet rendant les touches incertaines, le soleil brûlant, des journées entières, à marcher, marcher … et peindre dans la plaine caillouteuse de la Crau.

            Il est doux le creux de l’atelier, mais comment peindre un pays si on ne l’éprouve pas avec tous ses sens, immergé au plus profond.

            De même, il faut baigner totalement dans les lettres du peintre pour les rejoindre, lui et son œuvre, en saisir tenants et aboutissants dans toute leur permanence, complexité, … et contradictions.

            Ce qui ne veut pas en dire l'obligation pour entrer en contact personnel avec peintures et dessins. Peut-être même cela peut-il, un temps, détourner les émotions intimes. Mais il ne dépend que de soi de faire la part entre lui et nous. De même entre ce qui est écrit et ce qu’il faut entendre. Car il n’est pas exempt de mauvaise foi, Van Gogh, en particulier avec son frère Théo. Mais comme ce dernier, on repère bien, à la longue, les plaidoiries douteuses.

            Voici donc 18 années de correspondance, 902 lettres connues, sur probablement plus du double. A la foi journal d’une vie, répertoire des œuvres, avec descriptions, dessins, commentaires ; des siennes mais aussi de celles des autres. On y découvre un passionné de littérature, particulièrement celle de son époque en France, et une continuelle réflexion spirituelle. Le tout dans une écriture tour à tour âpre, lumineuse, poétique, véhémente, drôle, brouillonne … et des pages et des pages illisibles de citations bibliques, justifications sur la conduite de sa vie, récriminations contre frère et famille, qu’en même temps il vénère et aime profondément.

            La conférence, premier point sur cet univers après lectures et relectures, insistera particulièrement sur l’apport à la connaissance de l’œuvre, et je serai secondé pour cela par deux lectrices : Colette Vallée et Brigitte Dupré la Tour.

 

            « VAN GOGH, Homme de lettres », au Moulin de Chazeu à Laizy (71190)

            Avec le T.RAC – Tourisme – Rencontres Artistiques et Culturelles

            Jeudi 10 septembre à 20h30

            Places limitées : réservation obligatoire au 03 85 82 33 74

 

            Et toujours, jusqu’au 6 septembre à L’ETABLE :

            Exposition « En duo », avec la mosaïste Andrée DUMAS (images 3 et 4)

            Du jeudi au samedi, de 15h à 19h (et éventuellement sur RV à d’autres moments)

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