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Publié le mercredi 29 janvier 2020 à 15h47

JOURNAL 72 … D’où qu’on vienne elle semblait longue et tortueuse la navigation vers « L’Archipel sur le lac » ! et les quelques « balises » égrenées dans la campagne brionnaise n’étaient qu’à moitié rassurantes. Quant au lac !!! depuis bien longtemps une fée – ou une sorcière – l’avait transformé en prés où seules nageaient des vaches charolaises.

            L’archipel, lui, était composé d’une longère à laquelle faisait face un grand bâtiment agricole avec grange, étable et autres annexes … le tout aménagé en salles d’expositions, petit appartement, rangements.

            La fée avait confié les clefs de ces iles perdues entre nivernais et charolais à un Gouverneur magicien, épaulé par une Elfe mutine. Pierre, étrange personnage, semblait avoir toujours vécu là, mais en même temps son raffinement et sa politesse, mâtinés d’un côté « british », trahissaient une autre vie vécue en Extrême Orient. A l’opposé de Françoise, sa complice, véritable titi parisienne gouailleuse, toujours clope au bec, et au cœur grand comme son sourire. Il fallait voir, lors des repas d’après vernissage, le regard courroucé du premier lorsqu’elle posait sur la table la marmite fumante alors que dormait dans les placards une vaisselle plus digne de l’évènement.

            Exposer à l’Archipel était avant tout une aventure humaine. Les rencontres avec les artistes dans leurs ateliers, à la « mauvaise saison », comptaient tout autant que la vie estivale de « galeriste rural », et le charme d’un sourire, son côté bon samaritain, pouvaient l’amener à des coups de cœur hasardeux. Ce sera, tout au long de notre collaboration, une cause de chamailleries récurrentes, presque un jeu. A tel point qu’il était dubitatif si j’étais positif, voire enthousiaste, lors d’expositions … ce qui n’était pas si rare que ça malgré nos divergences artistiques.

            Pour ma part la rencontre se fit à la fin des années 80, suivie d’une première exposition « Proches et lointaines, Déesses » en 1990. D’emblée l’écoute et la réactivité pratique de cet hôte étonnant balayaient les obstacles et vous rendait libre. Je garde encore en mémoire l’apparition quasi miraculeuse, du jour au lendemain, d’une cimaise pour résoudre l’installation délicate d’un ensemble de sérigraphies. Mais plus encore, pour cette exposition il acceptait que j’occupe seul les lieux, et non en duo comme de règle à l’Archipel. Vingt ans de compagnonnage commençaient au cours desquels jamais la confiance de Pierre ne fera défaut, acceptant avec liberté d’être dérangé. C’est ainsi que je le bousculais en 2001 avec une exposition mêlant danse contemporaine, photographie, poésie, et installation vidéo en partenariat avec la compagnie de danse « La Traverse », à l’opposé de son univers.

Sept expositions se succèderont, après celle en solo du début, dans lesquelles les arts dits « plastiques » seront souvent confrontés à d’autres expressions artistiques. Un rêve !

Mais une goutte d’eau au regard de l’endurance et la constance du maitre des lieux. Combien d’artistes en près de 30 ans d’Archipel ? Combien d’ateliers visités, de choix difficiles, d’installations qui devenaient de plus en plus laborieuses avec le temps ? Plus qu’une passion, un engagement de vie au service des artistes.

Combien d’orphelins aujourd’hui ?

Pierre de Monner s’est éteint à 92 ans la veille de Noël 2019.

             Quelques images pour baliser cette route :

            La première : Pierre dans l’exposition « Autoportraits » en 2003. Peinture, sculpture, danse, musique et écriture sous toute ses formes … avec même un coin « atelier » où les visiteurs et visiteuses pouvaient faire le leur … bien plus jouissif que les selfies, et un franc succès !

            Deuxième image : deux des Déesses de l’exposition de 1990.

        Troisième : Le musicien Jean Paul Merlin improvisant devant une peinture de Pierre Bonniel lors du vernissage d’une des deux expositions qui réunissaient autour de moi un trio amical (Pierre B., Elisabeth Bonniel et Françoise Didierjean). Deux mois de présence offerts par la maison « Archipel » !

            Quatrième image : La « tribune » lors de ma dernière exposition en 2010, en compagnie de Josette Boissière, Gilles Auclair et Patrick Huet. Avec un Pierre bien fatigué mais toujours aussi présent, attentif et chaleureux.

 

AGENDA

C’est le même qu’en décembre, mais c’est bon de le rappeler :

On peut toujours venir faire une visite à l’atelier sur RV au 06 42 44 01 21.

Le printemps sera plutôt actif avec 2 conférences et une exposition :

            Le 21 mars à Huy (Belgique) lors des journées du verre et du vitrail :

            J’y parlerai de « Van Gogh et Matisse, 2 peintres face au vitrail »

            Le 16 avril au Moulin de Chazeu  à Laizy avec le T.RAC : « Van Gogh, homme de lettres »,

            avec, en lectrices, Colette Vallée et Brigitte Dupré la Tour.

            Du 4 au 21 juin, exposition à la galerie du Passage à Autun.

 

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