JOURNAL 71

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Publié le jeudi 26 décembre 2019 à 21h33

            JOURNAL 71 … Il faut vendre la Joconde ! … Etonnant n’est-il pas ? Et pourtant j’en ai eu la révélation il y a peu, pas sur le chemin de Damas comme Saül/Paul, ni derrière un pilier de Notre-Dame comme Claudel, mais à la suite de conversations et informations récentes.

            Je m’explique : à plusieurs reprises je me suis entendu dire « L’Eglise est riche, et les ors et trésors du Vatican sont une infâmie en regard du discours de charité chrétienne. » - Je passe sur la confusion entre l’Eglise et surtout les églises et paroisses du monde entier et le Vatican, c’est comme s’il y avait adéquation entre les fastes de l’Elysée et le budget des communes de France - pour en venir à la conclusion en apparence logique : vendre de ces ors et trésors permettrait de mettre réellement en acte cette charité ; avec une suggestion récurrente que la vente d’un Léonard de Vinci des collections vaticanes serait un premier pas. L’actualité muséale doit y être pour quelque chose. J’écoute, essaye d’entendre, mais je sens une fêlure dans cette proposition. Et tout d’abord, quelles peintures de Léonard à la Pinacothèque du Vatican ?

            Déception, on n’effacera pas la misère du monde avec le seul Saint Jérôme, œuvre de jeunesse inachevée ! Côté Vinci, la poule aux œufs d’or est ailleurs ! Mais où ? Je cherche et, … Bingo ! … Le Louvre gagne avec huit peintures du maître florentin, et pas des broutilles, que des œuvres majeures. Question finances c’est incontestablement là qu’il faut puiser. Bon, on élimine la Joconde, je galégeais : invendable ! Invendable ? Ah mais, c’est vrai, ça, vendre c’est bien beau, mais à qui ? Et quelles conséquences ?

            Et, là, s’ouvre un gouffre de perplexité.

            Qui aurait les moyens d’acheter un Vinci ? A priori aucun musée du monde, sauf peut-être dans les émirats du golfe persique. Un particulier ? C’est le cas du « Salvator Mundi », dernier « Vinci » vendu, dont on ignore le nouveau propriétaire. Et là, tout de même il y a un os ! Ce sont des œuvres muséales, aussi bien au Vatican qu’à Paris. Une telle solution reviendrait à « privatiser » une œuvre d’art offerte et accessible à tous et toutes, pour la jubilation, l’enrichissement culturel et/ou spirituel, … voire la simple satisfaction de pouvoir dire « Je l’ai vue », selfie à l’appui. C’est oublier que la création artistique est avant tout partage et communion pour n’en voir que la valeur financière.

Mince alors, ça nous mène dans une vision comptable de l’art, caricaturale ici, mais bien répandue, qui ne me semble pourtant pas celle de mes interlocuteurs.

            Et, surtout, ça remet sur le tapis cette insondable question : A quoi sert l’art ?

            Voilà de quoi occuper les neurones pour le début de l’année 2020 que je vous souhaite belle et bonne.

 

            Et comme souvent, je vous offre quelques peintures dans ce Journal de décembre. Cette fois-ci, « hommage » aux trains dans cette périodes où ils sont si rares :

            Tout d’abord 2 peintures du début des années 1870 présentant le pont de l’Europe près de la gare St. Lazare à Paris : le dessus avec Caillebotte (image 1), le dessous avec Monet (image 2) qui explore toute la force évocatrice des fumées et mouvement des trains dans une « série », (ensemble de toiles sur un même sujet), dont apothéose sera les Nymphéas à la fin de sa vie.

            Et puis 2 Van Gogh : Les ponts d’Asnières de l’été 1887 (image 3), dans un moment où il travaille, dans ces lieux qui se modernisent à grands pas, en compagnie de Bernard ou Signac. La dernière image est celle d’une aquarelle incluse dans une lettre de l’été 1882, période des premières peintures après 3 années exclusivement consacrées au dessin. Il s’agit d’une vue des dépôts de la gare de La Haye, non loin du lieu d’habitation du peintre. Les trains sont au repos, c’est d’actualité !

 

AGENDA

C’est le calme, mais l’atelier voit des peintures en travail.

On peut venir y faire une visite sur RV au 06 42 44 01 21.

Mais le printemps sera nettement plus actif avec 2 conférences et une exposition :

            Le 21 mars à Huy (Belgique) lors des journées du verre et du vitrail :

                        j’y parlerai de « Van Gogh et Matisse, 2 peintres face au vitrail »

            Le 16 avril au Moulin de Chazeu avec le T.RAC : « Van Gogh, homme de lettres »,

                        avec, en lectrices, Colette Vallée et Brigitte Dupré la Tour.

            Du 4 au 21 juin, exposition à la galerie du Passage à Autun.

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