JOURNAL 70

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Publié le jeudi 28 novembre 2019 à 20h50

JOURNAL 70 … C’est la galère ! Une galère prévue et relative, à prendre avec légèreté. Mais tout de même ! Je ne parle pas de l’atelier où la reprise des travaux amorcés avant les opérations des yeux s’avère fructueuse, et se fait dans un mélange de plaisir serein, surprise, interrogation, avec cette impression de naviguer au petit bonheur, sans gouvernail, comme depuis l’arrivée en Morvan. Ce qu’il en sortira reste bien nébuleux.

       Non, c’est au musée que je rame, depuis que je me suis mis en tête de venir y dessiner. Rien d’extraordinaire à ça, et pour s’y remettre il devrait suffire, comme pour une activité sportive, de reprendre doucement l’entrainement, avec persévérance, régularité, pour que ça roule. Ben non, là, ça ne roule pas, comme si le frein était bloqué. Courir après les formes de la sculpture qui est devant moi m’intéresse un temps, mais peu à peu mon esprit s’évade et veut se saisir de ce qu’il y a derrière ces formes, leur donne cette présence rayonnante. Comment rendre ça ? J’ai alors quitté l’acte de dessiner pour … quoi ?                Heureux les simples d’esprit, le royaume de la copie est à eux ! Mais se laisser mener par ce qui est devant soi, déconnecter l’intellect pour faire toute la place à l’intuition, c’est une autre affaire. Et, visiblement, j’en suis loin.

      Alors j’en profite pour fureter de longs moments dans toutes les salles de ce merveilleux musée Rolin à l’atmosphère 19ème siècle chaleureuse. J’en ai déjà parlé dans le Journal 43, en août 2017, à propos de l’exposition autour d’Eve lors du retour dans le lieu, après sa restauration au Louvre, de celle dite « d’Autun », vestige d’un tympan détruit de la Cathédrale. J’évoquais à ce moment quelques autres pièces maitresses du musée auxquelles je rends hommage à chaque visite. Parmi elles la « Nativité » du maitre de Moulins, alias Jean Hey (image 1). A-t-on vu souvent scène aussi naturelle et en même temps abstraite, avec cette Vierge de porcelaine vivante, l’enfant tout plissé, minuscule, qui s’agite en regardant sa mère, et l’incongrue tache rouge du cardinal Rolin, incontournable donateur. Quant au chien blanc de ce dernier qui fait pendant au petit Jésus, il fallait l’oser ! Et, immanquablement dans une œuvre de ce type du 15ème siècle bourguignon, l’admirable ouverture sur la nature et sa lumière.

      Mais, à fureter, je découvre avec bonheur, à chaque fois, des choses nouvelles, je veux dire pas encore vues. Ainsi, hier, un ensemble de chaises dont chaque dossier offre un petit paysage peint différent. Régalant ! Deux exemples parmi tout ça. Tout d’abord, tirée de la multiplicité de figurines et objets en terre, bronze, et autres, présentés sous vitrines dans les salles dédiées à l’art gallo-romain, j’ai un faible pour cette statuette d’abondance des IIème/IIIème siècles (image 2), avec, en découvrant ma photo, une curieuse surprise : la fine légèreté du petit bronze dans la vitrine tend vers des allures de matrone romaine. Double vie ! Autre bonheur à chaque fois retrouvé, un ensemble de petits portraits sur cuivre du 17èmesiècle dont je vous propose ce saint Jérôme d’après David II Teniers le jeune (image 3). Faute d’avoir pu photographier son pendant représentant la visite de saint Paul ermite à saint Antoine au fond de son désert, avec le savoureux tout petit corbeau qui tient dans son bec le pain quotidien de celui-ci. A voir par vous-même à votre prochaine visite !

      Pour la quatrième image, retour au début de ce Journal et mes problèmes de dessin, puisque ce fragment de bas-relief, tout droit sorti du ciseau de Gislebertus, probable sculpteur des tympans et chapiteaux de la Cathédrale, fait partie des œuvres auxquelles je me mesure régulièrement. Ah l’envoûtant charme discret de ces vieilles pierres mutilées, de vraies sorcières ! J’arriverai bien à en saisir le mystère, mais quelle résistance.

      Pendant ce temps je suis sur deux fronts : la mise au point de certaines des dernières peintures en prévision de l’exposition « Petits formats » à la Vignotèque de Montceau avec les 7&+, et la dernière ligne droite dans l’étude de la correspondance de Van Gogh en vue de la conférence à ce sujet :

AGENDA :

Exposition Petits Formats, avec le groupe 7&+

Du 7 au 21 décembre

Les mercredis et samedis de 14h30 à 18h30

Vernissage le vendredi 6 décembre à 18h30

La Vignotèque : 31b, quai Charles de Gaulle – 71300 MONTCEAU les MINES

     Et puis c’est encore loin, mais retenez la date :

Conférence « Van Gogh, homme de lettres »

Sous l’égide du T.RAC

au Moulin de Chazeu - 71190 LAIZY Le jeudi 16 avril

(heure à préciser)  .....  Et d’ici là d’autres choses viendront peut-être …

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