JOURNAL 63

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Publié le jeudi 18 avril 2019 à 10h35

JOURNAL 63 … (très) précoce, en raison d’une proche escapade vacancière. Mais JOURNAL tout de même, où s’est invité tout à l’heure, Godot. Incroyable mais vrai, Godot est arrivé ! Il est là, insaisissable, mais sans doute possible. J’éluderai tout de suite la terrifiante question : comment vivre maintenant sans attendre Godot ? Qui rejoint plus généralement, comment vivre quand on n’a plus à attendre l’objet de ses désirs ? Combien de couples n’y ont pas résisté !

            Curieuse conjonction, le JOURNAL précédent effleurait mes relations passionnelles avec l’écriture. J’y vas-t-y, j’’y vas-t-y pas ? alors que Van Gogh attend l’amorce de l’écriture du livre autour duquel je tourne, préparant et rêvant … mais dont la demi-page écrite pour l’instant n’est que poussière d’espoir. Et voilà qu’une rencontre récente réveille un autre projet, lui aussi longtemps repoussé, et me replonge dans de vieux textes dont un écrit très « beckettien », manuscrit que je me suis mis à dactylographier, pour voir.

              Une émission de radio sur l’écrivain irlandais venant par là-dessus … Il insiste, le bougre !

           Et dans cette fin de nuit, Godot s’est installé face à moi, remuant, dans un persillé franco-anglais, des brassées de questions, m’invitant à relire Beckett. Mais serait-ce raisonnable ? Une tentative avec Margueritte Duras s’est avérée peu convaincante. Pas une remise en cause de la puissance de l’œuvre. Plutôt un rapport autre imposé par le temps. La nécessité d’un moment s’est éteinte, mais reste ce qui a été assimilé, constitutif de l’être. Et Beckett, il me semble, fait encore plus partie de moi. Des écrivains de jeunesse, seul Rilke me nourrit encore journellement. Mais il y en a tant de nouveaux. On peut faire les mêmes remarques pour les peintres et sculpteurs, avec les « idoles » disparues, les bienfaiteurs d’un temps, les compagnons de longs voyages, et ceux avec lesquels on invente le printemps à tout instant, partageant nuit et jour un même espace vital.

            Ecrivant tout cela, je m’autorise une pause. Les questions de Godot remuent trop de choses.

            Café, radio … et là

            Notre Dame est en flamme !

          Double le café – silence – Godot, tout pâle : « My God ! » susurre-t-il. Il me prend la main alors que j’ai du mal à retenir mes larmes, devient peu à peu transparent, et disparait.

           Que dire ? Mais je m’accroche à l’écriture comme à une bouée. Pourquoi tant d’émotion pour quelques vieilles pierres ? L’historien de l’art sait que cela a toujours fait partie de la vie de ces grands édifices. Incendies et effondrements de voûtes sont innombrables. Reconstructions aussi.

            Mais la raison n’a rien à voir ici.

            Et les vieilles pierres portent l’esprit de toutes celles et ceux qui ont partagé avec elles un moment de leur vie, là.

            Revient la dernière présence dans l’édifice. Pour voir les vitraux. Long temps assis en silence. J’étais venu étudier. J’ai contemplé, hors de terre.

            Broutilles.

          Se bousculent quelques autres moments d’émotion dramatiques forts, Allende « assassiné » et un Chili martyrisé, un avion percutant, en boucle à la télévision, des tours à New York, les vieux potes de Charlie mitraillés ….

            Poison.

            …..

            Non, il n’y a rien à dire.

            On reparlera la prochaine fois ....

 

            Tout de même des images :

          2 anciennes photos de Notre Dame, par le photographe Albert Monier, qui ont bercé ma jeunesse avant de la découvrir « pour de vrai ».

        Et puis deux œuvres : mon premier « hommage » à Samuel Beckett datant du début des années 80, et un petit détail d’une « boîte » mystérieuse destinée à la future exposition collective des 7 er+ en mai prochain à Montceau les Mines.

  

AGENDA 

En plus de l’exposition avec le collectif « 7 et + » à la Vignotèque de Montceau : 

Exposition personnelle à « L’Escabeau volant » à Royat : Du 2 juillet au 7 septembre 

Exposition d’œuvres sur papier de Bram van Velde, Maxime Descombin et moi-même

à « L’Etable » du Bas du Riaux du 13 juillet au 4 août.

            Vernissage probablement le vendredi 12 juillet. 

Atelier ouvert au Bas du Riaux avec « Etend-art » les 17 et 18 août.

 

 

 

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