JOURNAL 60

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Publié le lundi 28 janvier 2019 à 11h26

JOURNAL 60 … 60, déjà ! Et 5 ans sur ce site à batifoler dans la vie de l’atelier, les rencontres et interrogations artistiques. 5 années à écrire tous les mois quelque chose qui tienne debout, exercice à la fois jubilatoire et redoutable. Merveilleux d’enrichissement, même s’il faut parfois se donner des coups de pieds dans les fesses pour garder le rythme, tenir la distance, compter avec les pannes « d’inspiration », ou les débordements imposant des choix douloureux.

            C’est un peu le cas ce mois de janvier où, après une semaine à se ressourcer dans quelques expositions parisiennes, il faudrait plusieurs journaux pour évoquer tous les moments de bonheur vécus.     Emotion, rire, tendresse au milieu des photos de l’exposition Doisneau à la Cité de la Musique, avec en prime la belle découverte de la collection permanente d’instruments de musique du musée. Le tout précédé d’une fraiche mais agréable déambulation le long du canal de l’Ourcq.     Plénitude du grand triptyque bleu de Miro, une des ses dernières œuvres, et superbe découverte des œuvres des années de guerre, denses, dramatiques, et légères … et toujours la jubilation devant ses sculptures.     Caravage ravageur au musée Jacquemard-André, en particulier dans 2 magnifiques « Saint Jean-Baptiste » et « Saint François ». Terrible pour les contemporains mis en parallèle, pâlichons, insipides.     Le plasticien et cinéaste Julian Schnabel invité du musée d’Orsay : Je suis venu, j’ai vu, et n’ai pas été convaincu. Pas de quoi se régénérer. Mais j’attends tout de même avec curiosité son film sur Van Gogh … dont les peintures ont été un bel antidote aux œuvres de Schnabel, ainsi que celles de la toute nouvelle donation Meyer, avec entre autres un étonnant paysage de neige du peintre suisse Cuno Amiet, grand ami de Giovanni Giacometti, père d’Alberto …

            Alberto Giacometti, auquel le musée Maillol consacrait une exposition où il rayonne en dialogue avec des œuvres de Bourdelle, Rodin, Richier, Zadkine, Maillol – bien entendu -, et quelques autres. Un régal ! Et là, les contemporains sont à la hauteur ! En particulier le « maître des lieux ». J’ai mis longtemps à apprécier les sculptures de Maillol. Jeune, je trouvais ses figures féminines grasses et raides. Erreur, gamin, elles se meuvent pleines de grâce. Et il y a dans le musée, sous les toits, une salle entière où l’on peu danser au milieu de quelques-unes : Un Temple ! Et autre temple, dans l’exposition, avec ces « 3 nymphes dans la prairie » (images 1 et 2) mêlées aux figures de Giacometti et aux « Bourgeois de Calais » de Rodin. Silence et Humanité. Rejoignant l’émotion devant des dessins de Van Gogh à Otterlo : 5 ou 6 paysannes hollandaises, monumentales déesses de la terre, seules dans une salle. « Ôte tes sandales, le sol que tu foules est sacré ! », pour reprendre justement Van Gogh paraphrasant la bible afin de résumer son impression la première fois qu’il vit une exposition de dessins de Millet.

            En général, ces séjours parisiens débutent par le musée Marmottan. Agréable mise en bouche où les expositions sont toujours de qualité, avec souvent des découvertes comme dernièrement Hodler (voir JOURNAL 37) ou Caillebotte. Cette fois-ci ce dernier était encore là, très convaincant, mais le choc m’est venu d’une splendide lingère de Toulouse-Lautrec, forte, dense, majestueuse. Peut-être y reviendrais-je dans un prochain JOURNAL. Mais la visite à Marmottan avait une autre raison : monter dans les collections permanentes pour revoir un bijou bouleversant découvert l’année dernière. Cette « Assomption » (images 3 et 4) d’un certain peintre ombrien appelé le « Maître de Cesi », œuvre du début 14ème siècle, montre cette montée de la Vierge Marie au Paradis d’une manière unique, absolument hors normes. Quelle tendresse ! la voilà enlacée à son fils, reposant sur lui d’un poids délicat. Tous deux dans une même jeunesse, comme des amoureux. Déjà, l’année dernière, je voulais partager cette vision … mais je n’avais pas de boîte à images.

Je tenais donc absolument à vous l’offrir cette année.

 

NB : la monumentalité comme celle évoquée pour les paysannes de Van Gogh est sans rapport avec la dimension des œuvres. C’est ainsi que j’ai eu la surprise de constater que ces dessins, qui restent dans ma mémoire presque grandeur nature, ne font généralement que 50 à 60 cm. de haut. Magie de la force, de l’énergie, rencontrée bien souvent, comme cette minuscule peinture (des footballeurs) de Nicolas de Staël qui tient (ou tenaient, car je n’y suis pas retourné depuis bien des années) un mur entier au musée de Dijon.

 

 

Esquisse d’AGENDA qui sera à préciser ultérieurement :

 

Exposition personnelle à la galerie « La Vignotèque » à Montceau les Mines, fin mars/début avril.

Exposition avec le collectif « 7 et + » au même lieu en mai.

Exposition personnelle à « L’Escabeau volant » à Royat en juillet/août

Exposition d’œuvres sur papier de Bram van Velde, Maxime Descombin et moi-même à « L’Etable » du Bas du Riaux fin juillet/début août.

Atelier ouvert au Bas du Riaux avec « Etend-art » les 17 et 18 août.

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