JOURNAL 52

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Publié le mardi 29 mai 2018 à 06h52

JOURNAL 52 … Quelques taches de peinture sur le sol, discrètes. Quelques taches chaudes, roses et jaunes, gouttes éparses, et c’est merveille ! J’attendais, comme on guette le retour de l’hirondelle au printemps, la peinture. Mais l’hiver pictural s’est éternisé ; rien depuis l’été 2016, rien depuis les 4 « En bleu », dernières œuvres auvergnates. Il y a bien eu les pastels des « 3 Marie » évoqués dans plusieurs journaux récents, mais la peinture, c’est autre chose !

            Et elle est là, le sol de l’atelier le chante.

            4 peintures se bousculent joyeusement sous les pinceaux, se poussent du coude pour recevoir les caresses colorées. Sans complexe, ces gamines se sont jouées de moi, délaissant plus ou moins les dessins que j’avais proposés pour me mener … là où, depuis un certain temps, il me semblait devoir aller. Sorcières ! Où était-ce ? Vers la simplicité, moins de formes pour plus de silence. Et j’ai l’impression que là, dans les embrasements de ces 4 « dernières », je m’en approche. Tout au moins quelque chose d’inconnu jusque là s’y manifeste. Et ce, alors que la réalisation se fait dans un retour au pur « classicisme » technique. Peinture sur toile, sans matière autre, sans gravure, avec même – hérésie – l’utilisation du chevalet. Ça s’est fait naturellement, sans le décider vraiment, et il a fallu réapprendre à peindre à la verticale, après des années de travail à plat. Quelle mouche m’a piqué ?

            4 peintures aux couleurs de feu, comme pour équilibrer les 4 précédentes et leurs bleus intenses. Amusant de penser qu’elles ont été peintes sur l’autre moitié du même vieux drap de lin. Deux Figures, une « Judith » et une « Vénus », un « Miroir » à l’image insaisissable. Et un « O.S.N.I. » (image 1), le premier en peinture (voir pour cela la nouvelle rubrique « Regard sur … »). Appellations non préméditées, comme « infusées » par l’existence même des peintures, entre interrogation ou reconnaissance. Cette euphorie m’a amené à reprendre deux anciennes œuvres qui me laissaient sur ma faim. Le temps aidant, l’action portée ailleurs, il a bien fallu se rendre à l’évidence du manque de nerf de ces dames. Pensée pour Bonnard qui avait cette manie de reprendre des peintures, même celles déjà vendues, jusqu’à les transformer complètement, au grand dam des propriétaires. Pour ma part, c’est déjà arrivé un certain nombre de fois après des expositions. Celles-ci, avec la sortie de l’atelier, offrent un regard neuf, parfois cruel. Rien ne dit que la même mésaventure n’arrivera pas à ces petites dernières qui me troublent tant.

            Parallèlement à cette immersion picturale bienfaitrice, avançait le chantier d’aménagement de « L’étable » (images 2 à 3), lieu de stockage et d’exposition, déjà évoqué dans le JOURNAL précédent. On pourra y voir en permanence des œuvres, et c’est déjà le cas, même si bien des mises au point restent à faire. Visites sur rendez-vous, mais aussi à certains moments, expositions ouvertes plus amplement sur certains aspects de mon travail.

            Ce sera le cas la dernière semaine d’août et la première de septembre, pour une « inauguration » où mon travail sera accompagné par des lithographies de Bram van Velde et des œuvres sur papier de Maxime Descombin. Deux des « grands » du XXème siècle qui ont amplement compté dans mon chemin artistique. Le peintre transparent de l’impossibilité de peindre, et le sculpteur, père de l’art sériel. Deux mondes apriori à l’opposé l’un de l’autre, mais qui se rejoignent dans l’évidence et la force des œuvres. Une rencontre bien régalante.

 

            Mais auparavant il y aura eu l’exposition « Quelques femmes … » au Moulin de Chazeu à Laizy, à 10 minutes du Bas du Riaux. Occasion de faire se rencontrer des figures féminines d’époques diverses de mon travail, jusqu’aux plus récentes. Des peintures, dessins, sculptures, et même quelques estampes numériques.

 

            Sur l’invitation du TRAC :

            Du 20 au 29 juillet.

            De 10h à midi, et de 15h à 19h le week-end, et uniquement l’après-midi en semaine.

            Vernissage le vendredi 20 juillet à 18h30.

 

Qu’on se le dise !

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