JOURNAL 51

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Publié le samedi 28 avril 2018 à 09h30

JOURNAL 51 … Depuis ma jeunesse le passé des lieux où je vis m’habite. Multiplicité des racines qui innervent le présent, loin de toute nostalgie, mais dans un souffle vivifiant. Le passage de vie auvergnat, s’il a confirmé l’ancrage dans le monde roman, en particulier clunisien, m’a ouvert au passé gaulois. Difficile d’y échapper quand on a tous les jours sous les yeux les oppidums de Corent et Gergovie, et sous les pieds un peu partout des vestiges gallo-romains.

            Je savais que je retrouverai dans l’autunois, réunis, ces deux passés, entre Bibracte et la Cathédrale d’Autun, les monuments romains de la cité éduenne et les multiples églises romanes. Je savais aussi, histoire plus récente, la présence de Mandrin, le bandit au grand cœur, mais je n’imaginais pas qu’il livra bataille à deux pas de la maison du Bas du Riaux. Ainsi se dévoilent d’autres richesses historiques insoupçonnées.

            La dernière découverte a été le château de Chazeu, ou plus exactement les ruines de ce qui fut un des plus beaux châteaux de la région (images 1 et 2). Le moulin de Chazeu a été évoqué dans le dernier JOURNAL, et le sera encore, puisque c’est là que j’exposerai pour la première fois en terre morvandelle au mois de juillet, dans cette plaine de l’Arroux bocagère où les bovins sont plus nombreux que les humains, et l’habitat rural souvent banal. Apparemment rien d’exaltant, sinon la lumière et le calme. Et pourtant existe là un petit groupe de maisons poétiques cachant un lieu culturel ouvert et chaleureux. Pas de ces lieux où l’on vient principalement pour se montrer, mais bien pour partager, se rencontrer.

            Or, surprise, nous sont annoncés dernièrement des évènements autour du château de Chazeu, et de son créateur, Roger de Bussy Rabutin, cousin de Madame de Sévigné. Un château là ? Où ? Un méconnu aux écrits duquel une soirée est consacrée ?

            Magie des mots, moments régalants avec la musique du subjonctif, l’humour, l’impertinence d’un militaire libertin qui sait égratigner les autres, sa cousine en particulier, et se moquer de lui-même. Une soirée littéraire qui avivait la curiosité vis-à-vis du château mystérieux, à visiter le lendemain.

            Un château où ? Quelques centaines de mètres à pieds pour rejoindre la ferme de Chazeu, qui jouxte un bosquet d’où, en s’approchant … émerge à la lisière une tour/porche nous permettant d’entrer dans l’espace castral. Enfer, merveille, et désolation, au milieu des arbres et d’une végétation doucement printanière, entourés des douves effondrées à l’eau stagnante, nous découvrons une à une les tours du château qui domine la rivière. Nous longeons quelques restes de murs, avec sous nos pas les amas de bâtiments effondrés. Un mélange de joie enfantine à imaginer et rêver, et de culture historique racontée par Magali, la fée du moulin.

            Un bosquet enchanté qui aimante notre regard à chaque fois que nous l’entrevoyons.

 

            C’est un autre « passé » qui s’est réveillé ces derniers jours en travaillant à l’aménagement de « L’Etable », lieu de stockage pour 50 années de travail, et futur espace pour montrer les réalisations passées, présentes, et à venir. L’heure était venue de « dépiauter » quelques anciennes sculptures dont certaines n’avaient pas quitté leur emballage depuis 2000 pour un voyage en Belgique. Double anxiété, l’état matériel, après des années dans un dépôt auvergnat humide, mais surtout, doute sur la « présence » d’œuvres réalisées il y a plus de 20 ans. Après de longs mois de déménagement, de rangements aléatoires d’œuvres d’époques diverses, c’est un questionnement récurent, mais l’importance de deux d’entre elles, premières véritables sculptures, « Les Saintes Femmes au Tombeau » et « OSNI », c’est-à-dire « Objet Spirituel Non Identifié », ajoutait à l’impatience inquiète. (de droite à gauche sur l’image 3). Celles-ci datent du début des années 90, dans une période agitée par la réalisation du « Chemin de croix » pour la basilique de Paray le Monial et les polémiques autour de celui-ci. L’appellation « OSNI » s’est imposée pour marquer une volonté de ne pas se laisser enfermer dans une démarche religieuse précise, même si, à cette époque, l’inspiration chrétienne était patente. Bref, un fort moment de turbulence et d’émotion inondait tout à coup « L’Etable ».

            Souhaitons que l’émotion, mais avec sérénité cette fois, vienne combler l’espace du Moulin de Chazeu à la fin juillet avec cette exposition qui se précise, en attendant une ouverture « officielle » de « L’Etable » en fin d’été.

 

            Exposition : « Quelques femmes …  »

            Dessins, peintures et sculptures

            Moulin de Chazeu, à Laizy, du 21 au 29 juillet

            Vernissage le vendredi 20 juillet à partir de 18h30.

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