JOURNAL 42

Vous êtes ici :

Publié le mercredi 26 juillet 2017 à 15h46

JOURNAL 42 ….Comment ne l’avais-je pas vu plus tôt ? Comment, en feuilletant ce « Tout l’œuvre peint » sur Van Eyck, le scrutant et méditant, ce bijou de simplicité lumineuses m’avait-il échappé ? Il est vrai que j’avais consacré l’essentiel de mon attention au polyptique de « L’Agneau mystique » de Gand. Et il y a de quoi faire car les livres d’art de ces années 1970/80 sont d’une richesse d’informations qu’on cherchera vainement maintenant. Bien sûr, les illustrations sont souvent médiocres et la couleur rare, mais quelle densité ! Et la collection « Tout l’œuvre peint » qui offre le catalogue complet de l’œuvre d’un artiste reste d’actualité car ne cherchant pas le « tape à l’œil » et les cogitations esthétiques dans le vent.

            Donc, au hasard des piles de livres attendant leur étagère, et des cartons déballés, je plonge dans ces « vieux » livres pour tenter de compenser l’impossibilité de peindre. A ce moment-là, Van Eyck avait pris son tour. Et, alors que je pensais avoir épuisé ma promenade dans le réalisme des débuts de la peinture à l’huile, avec ses effets de matière, les lumières à l’éclat d’émail, l’air limpide qui enveloppe tout être et toute chose, voilà que s’impose ce pur cristal (image 1). Il me faut un temps pour reconnaître une « Annonciation » tant sa présentation est inhabituelle avec la scène vue en plongée (comme si nous étions dans le même mouvement que la colombe du Saint-Esprit). Marie, massive, est enchâssée dans la façade de l’église. Calme, elle salue l’Ange Gabriel comme si elle accueillait un visiteur attendu sur le pas de sa porte. Rien des Marie effarouchées, voire effrayées, ou en acceptation extatique comme cette autre « Annonciation » de van Eyck (image 2). Rien non plus du décorum, de la richesse virtuose si fréquente. Une évidence.

            La notice sur l’œuvre donne les différentes hypothèses d’attribution. Toutes excluent Jan van Eyck, envisageant plutôt Hubert, l’aîné des 2 frères. Plus probablement encore, la copie d’une peinture de celui-ci par Pétrus Christus, autre peintre flamand d’importance de ce XVème siècle. Et il est vrai que la simplicité monumentale de cette « Annonciation » est proche des œuvres de ce dernier. Mais qu’importe la précision, l’essentiel est dans l’existence de l’œuvre, et en ce temps de disette créatrice ce cadeau illumine mon horizon. Maintenant il n’y a plus qu’à aller à New York voir la chose ….. !

            Donc, je butine mes vieux livres pendant que le futur atelier/bureau prend forme. Mais de là à y travailler …. ! Rangements, bricolages petits et grands, et règlement des multiples problèmes accaparent l’énergie. Ceci dit, les oiseaux font leur nid. Ce JOURNAL en est une preuve, encore timide, mais réelle.

            L’installation du « Deber » en est une autre (images 3 et 4, et voir pour un peu de temps encore la rubrique « Regard sur » consacrée à cette sculpture). Il a trouvé sa place début juillet grâce à pas moins de 6 paires de bras. Socle à repeindre et espace autour à aménager, mais il est là, dans notre creux de verdure face au Morvan, faisant de l’œil à Bibracte. Ça lui va bien à Maxime, cette proximité gauloise. A Pignols il y avait Corent et les arvernes…mais il ne les voyait pas dans l’espace clos de l’atelier.

            Enfin, nous pouvons un peu découvrir la vie locale…. En une période de l’année où le tourisme bat son plein nous nous rendons compte que la vie culturelle autunoise offre de bien belles choses. On en recausera, mais je ne peux terminer ce JOURNAL sans évoquer le choc vécu hier soir à la projection d’un film sur la Syrie « Eau argentée, Syrie autoportrait » d’Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedierxan. Une plongée vertigineuse dans la Syrie en révolte, la Syrie martyrisée, désespérée, détruite, dans la Syrie qui veut vivre. Autoportrait d’un peuple évoqué avec une invention cinématographique qui atteint comme rarement l’essence de l’art. Là où beauté, violence – extrême -, tendresse et humanité, poésie se mêlent indissolublement. C’était dans le cadre de la première biennale d’art sacré contemporain d’Autun réunissant des spiritualités de l’occident à l’extrême orient. Longue vie à elle !

Revenir aux actualités

JOURNAL 42