JOURNAL 39

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Publié le samedi 29 avril 2017 à 07h48

JOURNAL JOURNAL 39 …..Alors que j’écris les premières lignes de ce nouvel opus, commence le dernier « ATELIER OUVERT » à Pignols (images 1 et 2), et se précise la configuration du futur atelier du « Bas du Riaux » aux portes du Morvan. Autre lieu, autres espace et atmosphère. Grand écart entre ce qui fut un merveilleux complice de vie artistique et l’inconnu. Temps en suspension, déjà vécu lorsqu’en 2002 il a fallu quitter le « château » charolais pour l’Auvergne. Qu’allait-il y advenir ? D’autant plus qu’il fallait le construire, cet atelier. Je me souviens de mes inquiétudes, et cette certitude que je devrai y réduire mes formats. Résultat : la première œuvre réalisée fut le monumental « Tombeau de Madeleine » (voir à l’onglet Sculptures), qui démentait ainsi ce pessimisme nostalgique.

            L’atelier ne fait pas le peintre, mais…. Je pense à Van Gogh qui, s’il a peint dans des chambres d’hôtel, des appentis de jardin, soupentes sans fenêtre ….et surtout en plein air, a fait ses 2 grands « bonds en avant » picturaux dans des ateliers qu’il a aménagé avec soin, pour un temps suffisant, à La Haye et Arles . Deux seuls moments de lieu de vie et de travail stable. Il n’y a pas de règles, tout est bon quand il y a la nécessité, des usines abandonnées investies par les américains des années 60, à un coin de cuisine.

            Pour ma part, j’ai connu comme lieux de travail, la chambre de HLM partagée avec un de mes frères, puis ce fut celle en cité universitaire – couloir plutôt – où je peignais assis sur mon lit, une petite pièce tout en longueur dans laquelle ne tenaient pas mes grandes peintures. Il y eu même un garage.

            C’est un monument historique qui a accueilli mon premier véritable atelier : le prieuré de la basilique de Paray le Monial. J’y occupais un appartement d’instituteur abandonné dans une partie de cloître supérieur. On y accédait par un escalier avec rampe en fer forgé du XVIIIème S. Des cellules monastiques, avec alcôve ornées de boiseries, me servaient de pièces de vie, d’ateliers de dessin et de sérigraphie, pendant que le déambulatoire m’offrait un vaste atelier de peinture avec vue sur le cloître, et les hauteurs romanes de la basilique (image 3). Un rêve, même s’il était totalement vétuste et qu’il y pleuvait par temps d’orage. J’y ai même vu, dans ces moments, des éclairs électriques traverser l’atelier. Mais quelle paix ! Quelle ampleur ! Quelle liberté ! Tout pour permettre le déploiement d’énergie de mon travail gestuel au rouleau sur grands formats. C’est là qu’est vraiment née mon aventure picturale.

            Le deuxième atelier, dans lequel je travaillerai 20 ans, s’est installé dans une grande « maison de maître » charolaise, au milieu d’un parc d’un hectare dominé par deux sequoias et un cèdre bleu, et égaillé par de merveilleux tapis de myosotis au printemps. Autre lieu fort qu’il fallut apprivoiser. Autre lieu vétuste et inchauffable, offrant certains hivers des dentelles de glace sur ses murs intérieurs. A l’étage, l’atelier de peinture (image 4) était une grande pièce carrée avec deux fenêtres au nord et au sud. Eclairage mouvant mais toujours efficace. Bel espace où trônait un grand autoportrait de Rembrandt, face au mur servant à regarder les travaux en cours. Silencieux le grand peintre, mais …..L’atelier de dessin et sérigraphie jouxtait celui de peinture, tandis qu’un peu plus loin, bricolage et sculpture pouvaient faire de la poussière sans vergogne. Il y avait même une petite chambre noire pour la photo et la préparation des châssis de sérigraphie.

            Difficile d’imaginer conditions aussi parfaites pour travailler et vivre en ermite, silence et isolement compris. J’y arrivais lors d’une phase qui s’aventurait dans les aplats colorés, mais avec, au fond, toujours présent le conflit entre mes tendances « De Staël » et « Bram van Velde », autrement dit le déploiement de l’énergie, la puissance du geste et de la matière, opposés au laisser faire méditatif, et à la lenteur. Il faudra bien une dizaine d’années pour trouver l’équilibre, avec un pas de côté régénérant vers la mise en espace de la couleur. C’est incontestablement là que s’est forgé l’axe qui anime encore mon travail, et avoir dû quitter ce lieu reste un trouble.

            Il est encore trop tôt pour évaluer le bilan des 12 années passées dans l’atelier de Pignols. L’approfondissement de la quête silencieuse s’est doublée d’une présence plus forte de la matière et du volume, jusqu’à devenir parfois sculpture. Mais peut-être, surtout, s’y est réalisée une véritable ouverture aux autres, favorisée par la conception du lieu, sa capacité d’accueil.

            A profiter les 2 WE du début avril avec l

 

                   ATELIER OUVERT

                        1er et 2, 8 et 9 avril de 15 à 18h

                        Et sur RV à d’autres horaires du 1er au 9

                        La côte, 63270 PIGNOLS

 

            Qu’on se le dise !

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