JOURNAL 54

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Publié le mercredi 25 juillet 2018 à 11:34

JOURNAL 54 … Ainsi nous y sommes. Le moulin, faute de ruisseau déplacé il y a bien des années, bruisse des respirations de toute les « Dames » exposées. L’espace offert à Chazeu s’avère riche de surprises, en particulier pour la lumière. Et nous voilà de longues heures à échanger avec celles et ceux qui s’aventurent là. Autre richesse !

            Bref, l’exposition « Quelques femmes … » est en vitesse de croisière.

          Mais la tête, un peu fatiguée, refuse de s’investir dans l’écriture. Alors ce mois-ci je triche et vous offre un texte tout fait. Il a été écrit pour une autre exposition dédiée aux figures féminines autour des journées de la femme à Egliseneuve près Billom en 2015.

            Le propos reste le même, jusqu’au « parrainage » de Matisse qui l’introduit :

  

J’ai répondu à quelqu’un qui disait que je ne voyais pas les femmes comme je les représentais : « Si j’en rencontrais de pareilles dans la rue, je me sauverais épouvanté ». Avant tout, je ne crée pas une femme, je fais un tableau. (Henri MATISSE)

 

Des femmes ? Où ?

Elles et leurs corps, c’est plutôt à corps perdu !

Il y a bien, vaguement, là, ou là, il semble, peut-être une silhouette, peut-être, avec beaucoup d’imagination et de mansuétude. 

Des femmes ? Où ?

 

Pourtant il y a des vedettes : Vénus, Eve, Salomé, Madeleine…

Il aime les femmes fatales, ou alors il a un compte à régler avec elles.

Ceci dit, imaginez : vous avez Vénus, là, face à vous…Non, plus près…encore…. Bon, vous gardez la tête froide ? Son souffle sur vos lèvres, un effleurement…Maintenant vous vous débrouillez avec vos phantasmes et que voyez-vous, si vous voyez ? D’ailleurs, est-ce voir qui compte alors dans ce corps à corps ?

Autre situation : Eve à côté de vous. Nuit, sans étoiles, dans le froid du Paradis perdu. Eve dans son effondrement parle, chuchote plutôt en elle-même plus que pour vous. Un mur entre vous, surtout si vous êtes Adam. Et que peut voir Adam, d’Eve, dans une nuit de brouillard et le poids du désespoir ? Quelques taches mouvantes dans un lac d’encre bleue ?

Maintenant c’est Salomé qui danse.

Alourdi par le poids du repas, franchement ivre, vous tanguez et Salomé virevolte, insaisissable. Et que faites-vous de votre repas quand à la fin du banquet, l’adolescente rouge offre sur un plateau la tête de Saint Jean Baptiste ? Sérieusement, comment regardez-vous alors Salomé ?

Quant à Marie Madeleine, elle est Vénus, Eve et Salomé. Toutes les femmes. L’enfer et le paradis réunis. Un éclair incandescent qui déchire l’humanité. Mais qui peut la décrire quand, chaque soir à la Sainte-Baume, elle s’élève pour chanter avec les anges ?

 Avec tout ça, il faudrait faire des images comme si on était tranquillement assis devant son écran, spectateur ?

Toutes les femmes debout entre terre et ciel, de chair et de sang, de violence et d’amour, avec tous leurs rires, ou leurs mains qui se tordent de douleur, il faudrait les voir comme on mate un mannequin sur papier glacé ?

Ni dans l’amour, ni dans la haine, on épluche l’autre comme on dessine une planche d’anatomie.

Pleurer, rire, crier, et s’émerveiller en silence du sourire de l’autre, comment peindre autrement ?

 

            Rien à ajouter, sinon qu’il ne reste que quelques jours pour cette réunion féminine dans la belle lumière des bords de l’Arroux.

            C’est jusqu’à dimanche prochain 29 juillet,

ouvert de 15 à 19h, avec « matinales » de 10 à 12h le WE.

 

Prochaines expositions début septembre avec :

           Une première ouverture de « L’Etable » du Bas du Riaux.

           J’avais imaginé un dialogue avec Bram van Velde et Maxime Descombin mais, un peu saturés, nous ferons plus simple et gardons ces deux « compagnons » de vie artistique pour le printemps prochain.

           D’autre part, je participerai à l’exposition collective « Beaux-Arts Etc. » à Mâcon

           Précisions dans le prochain JOURNAL.

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